Le burnout parental

Vous avez dit « burnout »?

On l'a attendu pendant neuf mois et quand il est là, on regrette ...

On parle en général de burnout professionnel ou d’épuisement professionnel mais plus rarement de burnout parental (ou épuisement parental).  Le burnout est un état psychologique, émotionnel et physiologique qui est la  réaction à un stress continu et quotidien.

L’ individu voit sont énergie, sa motivation et son estime de soi décliner et est dans un état d’extrême fatigue. Cette réponse peut aller de la fatigue à la dépression (Moisson et al., 2010).  Cela peut être dû à une surcharge de travail, une absence de reconnaissance ou  de récompense.

Le burnout parental

L’épuisement n’est pas propre à la sphère professionnelle. La surcharge de travail, le manque de reconnaissance et/ou de récompense peuvent entraîner fatigue, épuisement et parfois la dépression également chez les parents et plus particulièrement chez les mères.  Le « métier de parent » présente sa part de stress. Le besoin de se montrer un parent parfait, d’être un expert dans l’éducation de son enfant peut mener pères et mères à se sentir dépassés par les événements.  Etre parent est plus qu’un état, c’est un processus qui se construit au jour le jour car « on ne naît pas parent, on le devient » ! (Loriers, 2012).

Le burnout (épuisement) parental est un syndrome qui concerne les parents exposés à un stress chronique, continu. Il se distingue du burnout professionnel, puisqu’il se manifeste dans la sphère familiale et a des conséquences spécifiques sur les enfants. Il se distingue également de la dépression, celle-ci concerne toutes les sphères d’activités. Il augmente le risque de connaître plus tard un burnout dans une autre sphère ce qui, finalement, peut mener à la dépression.

Le burnout parental présente quatre facettes :

– L’épuisement qui apparaît souvent en premier lieu. Il peut être émotionnel (« je n’en peux plus »), cognitif (« je n’arrive plus à réfléchir correctement ») et/ou physique (fatigue, manque d’énergie). C’est la fatigue qui frappe en premier. Difficulté à se lever le matin, le sentiment d’être vidée autant physiquement qu’émotionnellement.

– La distanciation affective avec les enfants. Le parent assure le strict nécessaire – trajets, repas, coucher, bain….- mais ne s’investit pas davantage car il n’en a pas le courage. Le quotidien devient mécanique, les gestes sont répétés machinalement, surtout ceux à l’attention des enfants. Pour essayer d’économiser ses forces, la mère prend ses distances sur le plan affectif, y compris dans son couple.

– La perte d’efficacité et d’épanouissement dans son rôle d’éducation. Le parent a l’impression que ce rôle exige trop de lui, il ne le supporte plus. Très vite, cet état second la ronge. Elle réalise qu’elle s’éloigne chaque jour un peu plus de ce rôle de mère parfaite qu’elle cherchait pourtant à atteindre. Elle se dénigre, se déconsidère, perd confiance. La qualité du travail, de la présence, des soins se dégrade. Il faudrait que la personne trouve au fond d’elle des ressources qu’elle a l’impression de ne plus avoir.

Le parent vit également un contraste, une prise de conscience du gouffre entre le parent qu’on a voulu être et celui qu’on est devenu, épuisé, distant et saturé,…

Souvent les parents vivent les problèmes de stress secrètement, dans l’isolement car reconnaître ses difficultés en tant que mère ou père signifierait que l’on n’est pas capable de remplir son rôle.  Essayer d’atteindre la perfection et y laisser toute son énergie physique et mentale, c’est ce qui caractérise les parents en épuisement.  Ce genre de passage à vide peut survenir à n’importe quel moment : lors de la naissance du premier enfant ou même pour le troisième.

Les facteurs qui contribuent au burnout parental

On tombe en burnout parental lorsqu’on vit un déséquilibre entre des facteurs de stress spécifiques à la parentalité et des ressources devenues insuffisantes.

Les stress et ressources peuvent être

  • démographiques ( nombre d’enfants, taille de l’habitation, statut marital, …),
  • situationnels (maladie ou handicap de l’enfant)
  • personnels (les parents perfectionnistes courent un plus grand risque de connaître un burnout parental)
  • relationnels (la manière dont on se comporte avec l’enfant, une incohérence dans les principes éducatifs…)
  • liés au couple (absences régulières ou mésentente sur les principes éducatifs).

Les stresseurs et ressources personnels, relationnels et liés au couple sont les trois points sur lesquels on peut le plus agir pour éviter ou sortir d’un burnout parental.

La prise de conscience de cet état de burnout est importante pour aller vers une verbalisation de ses émotions.  Cela va être un premier pas vers la transformation du problème en solutions (la demande d’aide et la recherche de ressources).  Nommer ce que l’on ressent est essentiel ! .

N’hésitez pas à demander de l’aide, des solutions existent pour sortir de cet engrenage.